Le pinceau-livre

Le pinceau-livre

Mes mots pour le dire


C'était avant...

C’était avant

Avant le temps

Avant même l’espace

 

Le temps des filaments

Que la lumière enlace

Intimement mêlée

Aux poussières scintillantes

Je vous ai pensés

Dans ma quête tournoyante

 

C’était avant

Avant le temps

Avant même l’espace

 

Je me suis déployée

Et un peu arrondie

J’étais l’eau et la terre

Je vous ai portés

Vous ai donné la vie

Enlacés, nourris

 

C’était avant

Avant votre temps

Avant votre espace

 

Alors fondez-vous en moi

Inscrivez dans vos lois

De me rendre mon ciel

Apaiser mes saisons

Me redonner l’horizon

Et ma ronde éternelle

Mes enfants humains

Toujours plus fous, toujours plus vains

Qu’attendez-vous

Je serai là après vous

 

Et ce sera avant

Avant un autre temps

Un autre espace

 

Où vous n’aurez plus votre place

 

 

 

 

 


24/06/2018
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Ultime

Il y a très longtemps j'avais entendu Marcel Merkès et Paulette Merval (non les jeunes vous ne connaissez pas!) lors d'un entretien avec un journaliste, dire que chacun voulait partir avant l'autre et j'avais trouvé cela émouvant. j'y ai pensé ces jours-ci, alors voilà , en hommage à ce couple de nos jeunes années!

 

 

 

 

 

Ultime

 

Dernier souffle

Dernier soupir

 

Dernier mot

Ultime repos

Partir avant

Pour ne pas te pleurer

Ne pas lâcher ta main

Être encore demain

 

Dernier souffle

Dernier soupir

 

S’accrocher

Se donner

Être un, être deux

Tout entière

Dans tes yeux

Encore un peu

 

Dernier souffle

Dernier soupir

 

Avoir du courage

Aimer malgré l’âge

Se redresser

Se retrouver

Brumes légères

De l’autre côté

 

Dernier souffle

Dernier soupir

Ultime repos

 

 

 


18/12/2017
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Le tailleur de mots

Tailler des mots

Des jours et des nuits

Des nuits surtout

Une irrésistible envie

A en devenir fou

 

Broder des mots

Les ajuster

En faire une dentelle

Les rimer, les rythmer

Pour les accompagner

Pour les bercer

 

Ciseler les mots

Pour dessiner un sourire

Chanter l’enfant

Pleurer l’ami

Célébrer l’amour

 

Sculpter les mots

Pour accueillir l’amante

Recréer son corps

Faire naître un soupir

Et la laisser partir

 

Caresser les mots

Pour qu’ils dansent

Et vous ensorcellent

Vous effleurent

Vous possèdent

Inventer des mots

Pour colorer le ciel

Jeter le dictionnaire

Être au-delà du réel

Recréer la grammaire

Et foutre la syntaxe en l’air

 

Déchirer les mots

Maudire cette plume

Qui se dérobe

Ne plus savoir dire

Ne plus pouvoir écrire

Alors partir

Sortir

 

Accoucher des  mots

Retrouver le souffle

Respirer enfin

Tracer jusqu’au matin

Ces mots qui vivront demain

 

Glisser les mots

Dans un recueil

Sous vos yeux

Dans vos mains

Dans un sourire

Une larme

Un frisson

 

Trouver d’autres mots

Écrire encore quelques  poèmes

Qui chanteront  « je vous aime »


02/05/2017
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Ponctuation...

Quand je ne sais pas si je dessine ou si les mots vont venir, cela donne un méli-mélo que voici! Mais finalement , les mots prendront le pas puisque l'épaule refuse encore de soutenir la main et donc le dessin.....

brouillon.jpg

 

Ponctuation...

 

 

Une vie en italique,

Points de suspension…

Ou d’interrogation.

Quel est ce creux ?

Pourquoi ce manque ?

Envie…

En… vie

Aimer,

Partir,

Risquer,

Relier les points…

Combler le vide.

Respirer,

Vibrer,

Appelle-moi !

Ta voix à la ligne,

Mets des exclamations !

Promets-moi !

Guetter ton pas…

Souligne-moi,

Dessine-moi,

Sculpte-moi.

Écriture liée,

Mots rêvés…

Vivre enfin !


12/03/2017
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Sergio...

Entre nous, comme un fil, léger, aérien, invisible…

J’ai déjà parlé de cette vie de petite campagnarde ICI, mais je n’ai pas encore évoqué mon complice d’alors, Serge.

Nés quelque part, presque lyonnais par hasard, la même année, il est de peu mon aîné.

Deux enfants uniques, enfants solitaires, parents occupés, parents amis, toujours ensemble, gamins unis.

Les séjours à la ferme de Priay, les bords de l’Ain le dimanche, le camping en été, la mer, la plage, l’Allemagne aussi, nous avons grandi de concert, des couches-culottes à l’âge adulte !

En ce temps-là, on joue, on n’analyse pas, on ne dissèque pas nos vies, nos sentiments. Ça ne se fait pas, et on n’écoute pas les enfants. Alors on se protège, on s’épaule, on se taquine, on se querelle, on vit intensément avec cette joyeuse insouciance que donne la confiance.

Chacun se mariera, partira loin, mais, au-delà de la distance, par delà les années, il y aura toujours ce lien, fidèle au parfum d’enfance.

Les vœux de chaque nouvelle année, les deuils, les enterrements, chacun au bout de ce léger fil.

C’est une chance de savoir qu’il y a encore quelque part un témoin de ces vertes années, soixante ans après, quelqu’un qui me lit sur ce blog…


24/02/2017
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