Le pinceau-livre

Le pinceau-livre

Le grand Coeur - Jean Christophe Ruffin

Un livre acheté un peu par hasard, après avoir lu 'le collier rouge" du même auteur.

Et une merveilleuse surprise. Enfin un auteur actuel qui écrit bien, qui décrit avec finesse les hommes, leur environnement, leurs sentiments, leurs aventures, et qui, surtout, vous invite à découvrir la grande histoire et les petites histoires qui s'y rattachent.

Alors bien sûr , les historiens diront  que tout cela est bien romancé puisque l'auteur fait prendre la parole au héros de ce roman Jacques Coeur, bien connu dans l'histoire de France.

Mais au fond qu’y a-t-il de mal à imaginer ses pensées dans la mesure où tout ce qui est historique est véridique?

Alors oui je me suis attachée au personnage, j'ai beaucoup appris tout en dévorant un roman, la vie d'un homme en sorte, même s'il est un personnage historique!

Et pour qui aime le Moyen Age et les débuts de la Renaissance c'est un régal!

Un homme , des rêves, des envies de liberté, précipitez-vous pour l'acheter et ensuite savourez-le lentement, comme tous les plaisirs!

La quatrième de couverture :

Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l'écheveau de son destin.
Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'Orient. Avec lui, l'Europe est passée du temps des croisades à celui de l'échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu.
Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune.
Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France, disparue à vingt-huit ans.
Son nom est Jacques Cœur.
Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d'une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Des extraits :

J'aime, moi, le pouvoir tout brut que rien ne dissimule, celui des rois ou des riches négociants. Cette puissance-à, au moins, dit son nom. Elle se donne pour ce qu'elle est et à chacun revient de juger ce qu'il compte faire face à elle. Le pouvoir ecclésiastique avance,lui, sous le masque de l'humilité. Il n'agît ni ne frappe jamais sans invoquer la soumission de celui qui l'exerce à une force supérieure dont il feint d'être l'esclave. En somme, en face d'un religieux, on on sait pas à qui l'on a affaire: un maître ou un serviteur.
 
Un grand amour, quand il approche, se laisse précéder de signes qu'il nous est impossible de déchiffrer d'abord. Ils ne nous deviennent intelligibles qu'après le reflux de la vague,quand elle découvre sur le rivage le désordre des souvenirs et des émotions.Alors, nous comprenons,mais il est trop tard.
 
Étrange destin, vraiment, que celui de ce roi, jeté dans le monde, si faible et si humilié, souverain méprisé d'un pays divisé, ravagé, occupé et qui, par sa seule volonté, viendrait à bout de tous les obstacles, terminerait une guerre qu'on croyait éternelle, conclurait le schisme d'Occident, assisterait à la chute de Byzance et recueillerait en partie son héritage, en ouvrant son pays vers l'Orient.
[...]
Et maintenant que le temps de la victoire était venu, maintenant que l'enfant capricieux s'était vengé, n'apparaissaient pas d'autres ambitions, comme en nourrissent toujours, de plus en plus grandes et jusqu'à les perdre, les vrais conquérants, mais plutôt des satisfactions égoïstes et minuscules : la boisson, le divertissement, la luxure, en un mot, le vide.
 
La liberté que j'ai cherchée si loin et avec si peu de succès, je l'ai découverte en écrivant ces pages. Ma vie vécue fut tout entière effort et contraintes, combats et conquêtes. Ma vie revécue pour en faire le récit a repris la légèreté des rêves.
De créature, je suis devenu créateur.
 

 



13/08/2015
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