Le pinceau-livre

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facebook et l'agressivité

Ce matin je suis d'humeur chagrine, j'ai parcouru hier pas mal de pages facebook, celles qu'on me suggère, celles des amis et aussi les amis des amis et je suis effarée par tant d'agressivité en général dans les propos des internautes! Quel défouloir abject!

Certes il y a la liberté d'expression, certes il y a les mouvements d'humeur, les coups de gueule salutaires, l'humour et même l'humour grinçant que j'aime bien....

Cependant, dès qu'il s'agit de politique, de faits de société ou même de religion, on assiste à un déferlement de haine, de propos racistes sans aucune modération.

Des adultes, oui des adultes, qui se prennent pour les nouveaux justiciers (heureusement que facebook n'existait pas pendant la seconde guerre mondiale), qui donnent des leçons, qui ont des opinions définitives, tranchées et violentes. Ces mêmes adultes qui critiquent les adolescents qui pratiquent du harcèlement et qui ne se rendent même pas compte qu'ils sont un mauvais exemple... Il faut voir le nombre de "j'aime" sur ces pages pour être inquiet....

J'ai donc cherché sur internet si ce sujet avait été abordé , et oui il l'était.

Je vous livre donc quelques extraits de l'excellent site "psychologies.com" qui interroge le psychiatre et blogueur ( donc pas un ennemi du net!) Michel Lejoyeux ( oui ça ne s'invente pas !)

 

Internet est-il gentil ?
Michel Lejoyeux : Internet est la meilleure et la pire des choses. Il y a des utilisations formidables d'Internet. Mais il peut aussi devenir quelque chose d'extrêmement toxique. Loin de moi l'idée de dire qu'il faudrait le supprimer. Mais globalement, nous avons un nouveau média qui agit beaucoup sur la psychologie et nous ne sommes pas très au fait de la manière de l'utiliser.
 

Le virtuel et l’anonymat n’incitent-ils pas aussi à l'agressivité ?

Michel Lejoyeux : Internet induit une fausse facilité. Quand on est timide notamment, il devient facile de taper des mots sur son clavier. Et on peut oublier que la communication entre deux personnes, ce n'est pas facile. C'est angoissant, frustrant parfois. Quand on parle avec quelqu'un au téléphone, on n'a pas le droit de raccrocher. Sur Internet, si. Cette capacité à s'abstraire d'une minute à l'autre de la conversation quand elle devient déplaisante, ennuyeuse, est un problème. Quant à l'anonymat, il flatte les bas instincts. C'est l'ouverture à toutes les agressions. Si nous ne sommes pas toujours agressifs, c'est aussi que nous sommes responsables de nos actes. L’anonymat autorise des pulsions que l'on peut imaginer sans conséquences. La dernière chose, c’est qu’Internet vit du buzz. Ce qui compte, c'est l'audience. Quand vous publiez un billet, votre rêve est qu'il soit repris par de nombreux sites. C’est un système où la réussite réside dans quelque chose qui frappe les émotions, le collectif. Conséquence : tout lâcher raciste, sexiste, insultant, diffamatoire, est immédiatement repris. Internet surmédiatise les horreurs. Un propos un peu tolérant, démocrate, respectueux de l'autre, est beaucoup moins partagé. C'est le pire qui buzze.

 

Internet peut être le lieu de harcèlements, de bashings, de lynchages collectifs. Que faire en cas d’agressivité ?
Michel Lejoyeux : Il faut se rappeler que la loi s'applique aussi sur Internet. Il y a des choses qui sont légales, d’autres non. Par exemple, vous avez le droit de donner un avis négatif sur un livre ou un film. Mais vous n'avez pas le droit de dénigrer sur un mode diffamatoire, insultant, ou encore raciste. Il ne faut pas qu'Internet devienne une zone de non-droit. Ce n’est pas parce que c’est un nouveau média que tout peut se faire. C’est une vigilance que commencent à avoir les pouvoirs publics. Mais sur ce sujet-là, il va falloir que l’on se réveille
 
 
Justement, que pouvons-nous faire, chacun à notre niveau, pour un Internet plus respectueux les uns des autres ?
Michel Lejoyeux : Déjà, avec un Internet allumé en permanence, on finit par faire des bêtises. Je crois que le salut ne viendra pas d'Internet mais de la concurrence. Il faut faire autre chose qu'Internet. Il peut arriver de se faire basher sur la toile mais votre vie ne se résume pas à cela.
 
 
Que faire lorsque l’on est victime d’un commentaire, d’une remarque désagréable ?
Michel Lejoyeux : Coupez, allez faire un tour. En tant que psy, j'entends toujours les remarques désagréables comme l'expression d'une souffrance. Et à la souffrance, je ne réponds pas par de l'agressivité. Si c’est un avis sur mon dernier livre où il est dit « le professeur est nul », ça me faire sourire. Je trouve ça sain. Le pire qui puisse arriver à un livre, c'est l'absence de commentaires. Mais si c'est une insulte, j'entends ça comme un mal-être, qui n'appelle pas un dialogue.

 

Alors, oui, je vais suivre le dernier conseil, aller faire un tour, éviter les personnes toxiques , ne plus lire certaines pages, toujours orientées dans le même sens d'ailleurs.... Toutes ces généralités sur la politique, la religion, le sexe  m’écœurent.

Je viens de lire le livre "moi, Malala, je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans", la jeune fille a obtenu le prix Nobel de la paix. Son livre n'est pas très bien écrit mais il décrit bien le processus de radicalisation de certains musulmans et ce que nous les Occidentaux en avons fait en les aidant le plus souvent!

Je connaissais mal l'histoire du Pakistan et de cette province du Swat, j'ai beaucoup appris.

Et c'est ce qui manque je crois à la plupart des internautes agressifs, de la culture et de l'éducation!

Et pour conclure une citation :

Il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l'impuissance de se taire. (Savinien de Cyrano de Bergerac)

Petite note , c'est cet écrivain qui a inspiré Edmond Rostand pour son célèbre drame Cyrano de Bergerac!

 

 



01/08/2015
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