Le pinceau-livre

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Les passeuses d'histoires - Danièle Flaumenbaum

Ce livre m'a été conseillé par une sophrologue spécialisée dans les liens transgénérationnels et leurs  conséquences sur nos vies. J'avais déjà lu "femme désirée, femme désirante" du même auteur et j'avais bien aimé sa façon de définir les femmes.

Le livre "les passeuses d'histoires" parle des grands-mères, ces fameuses  passeuses d'histoires.

J'y ai trouvé des réponses, des évidences aussi, et dès le départ cela rassure de voir que je me suis posée les mêmes questions que d'autres femmes et que les réponses sont simples , même si nos générations n'ont pas forcément été élevées dans le même libre échange...

J'ai déjà expliqué dans un autre article, (depuis une neuvième étoile est en route) qu'on ne "naît" pas grand-mère, on le devient!

Vous avez déjà compris que je vous recommande ce livre!

Voici des extraits de ce livre qui parleront bien mieux que moi:

La quatrième de couverture, d'abord.

Devenir grand-mère aujourd’hui, c’est se sentir habitée d’une énergie nouvelle, c’est vivre un « deuxième printemps ». C’est aussi, plus qu’on ne le croit, un moment de fragilité et de transformation intérieure, et la parole est capitale pour que chacun trouve sa place dans la famille : les grands-parents, les enfants devenus parents, les gendres, les belle-filles et, bien sûr, les petits-enfants. Les grands-mères d’aujourd’hui sont devenues des « passeuses d’histoires ». Quelles valeurs et quels secrets doivent-elles apprendre à transmettre à leurs petits-enfants pour les propulser dans la vie ?

Des extraits :

Naïvement, j’avais la croyance – je pourrais dire la certitude – que toute cette transformation allait se passer « comme sur des roulettes », tout irait de soi. Après tout, quoi de plus naturel que le mouvement de la vie qui se reproduit, se prolonge et nous projette du statut de mère à celui de grand-mère? Les humains se reproduisent depuis la nuit des temps, il est logique de faire partie de « la roue qui tourne ». Comme si j’allais toujours savoir vivre les situations nouvelles qui se présenteraient à moi. Comme si j’avais nettoyé tous mes recoins de susceptibilités, de colères, de blessures, de difficultés de vivre : comme si les contentieux avec mes ancêtres avaient tous disparu.
J’avais éludé que changer de positionnement implique que l’on se retrouve dans du nouveau, de l’inconnu et qu’un travail d’adaptation est alors nécessaire. Non seulement un travail d’adaptation, mais aussi un travail d’intégration. Savoir vivre une nouvelle tranche de vie implique un processus de « remodelage ».
Devenir grand-mère nous fait devenir une autre personne.
 
 
"De génération en génération, la transmission va de pair avec la notion de répétition. On répète inconsciemment certaines façons d'être ou de penser de nos parents dont ils ont eux-mêmes hérité de leurs parents, et ainsi de suite. Mais cette répétition n'est pas une imitation, c'est une duplication. Cette duplication est rendue possible parce que tous les enfants, par un phénomène d'empathie, sont "télépathes", ils se branchent télépathiquement au conscient et à l'inconscient de leurs parents.
C'est comme cela qu'un enfant intègre sa langue maternelle sans avoir besoin d'en apprendre les règles de grammaire. C'est parce qu'il duplique simultanément le sens et la musique des mots qu'il incorpore les structures mentales de son père, de sa mère et de ses grands-parents. Quand ma petite-fille colle des signets entre les pages de ses livres comme elle voit sa mère le faire, on pourrait penser qu'elle l'imite, eh bien non, elle "fait comme..." pour "être comme sa mère". Lorsqu'un enfant "fait comme" son père, sa mère ou les personnes qui s'occupent de lui et dont il ne s'est pas encore séparé, il ne fait pas une imitation, mais une duplication et donc une intégration. Dupliquer est un phénomène d'"introjection", d'intégration dans le corps de sensations, dans le corps énergétique et dans les structures mentales. Ces différentes incorporations sont à l'origine de la construction de notre identité et de notre personnalité. Nous nous construisons en dupliquant les caractéristiques individuelles, familiales et collectives de nos parents. Mais comme cette assimilation est inconsciente, elle se fait malgré nous, et si nous n'y prenons pas garde, à certains moments de déstabilisation émotionnelle, elle peut alors ressurgir et prendre la direction de notre vie".
 
 
Mamie, mémé, mamita, mèmère... Ce nouveau nom indique bien que la grand-mère inaugure une fonction particulière : elle devient le lien de la filiation, elle prend la place de l’ancêtre qui a vécu un passé que l’on ne connaît pas et qui va raconter des histoires d’un autre temps. C’est à ce titre qu’elle transmettra l’histoire de la famille. Elle expliquera à ses petits-enfants qu’elle est la maman de leur papa ou de leur maman, que leur père et leur mère ont été des enfants tout comme eux aujourd’hui et qu’ils deviendront à leur tour des parents et des grands-parents.
Les grands-mères d’aujourd’hui sont des « passeuses d’histoires », de leur propre histoire comme de la grande Histoire. Raconter les histoires de la famille à nos petits-enfants leur permet d’intégrer la dimension universelle de la vie, à savoir qu’ils nous prolongent, qu’ils arrivent sur Terre avec une histoire qui vient de loin. Ils vont apprendre d’où ils viennent pour mieux se connaître, se comprendre, et ainsi se mettre en perspective vers leur avenir d’adulte.
Les grands-mères raconteront aussi comment elles ont été les témoins vivants de la grande Histoire, les époques qu’elles ont traversées, les changements politiques et sociaux qu’elles ont vécus, l’évolution de la pensée et des moeurs qui les ont influencées et qui ont contribué à la construction des femmes qu’elles sont devenues.

 

Et voici un extrait de ce qu'en dit l'auteur elle-même:

Passeuses d'histoires, ce n'est pas un rôle peu poussiéreux ?
DANIÈLE FLAUMENBAUM. Au contraire ! Un enfant a besoin de savoir qu'il arrive sur terre avec une histoire, une lignée maternelle, une lignée paternelle. Et c'est à la grand-mère de dire « viens là mon chéri, je vais te raconter ». De ressortir les photos de papa petit ou de maman ado, mais aussi de l'aïeule habillée tout en noir dont le mari était mort à la guerre. Cette grand-mère d'avant était dans son deuil non fait, dans la bienséance sociale. Elle, on ne lui a rien dit du tout. Elle n'a rien passé à ses petits enfants, et ses secrets se sont répercutés, comme des trous qui ont fragilisé le socle de sa descendance. Nous qui sommes des pionnières d'une autre ère, qui avons été les premières femmes à avoir nos enfants quand nous les désirions, les premières à l'ouvrir sur beaucoup de sujets mais aussi à souffrir des non-dits de nos mères, nous avons le devoir de parler.

De raconter quoi, les secrets ?
Tout. La petite et la grande histoire, le beau et le moins beau. Chaque enfant a droit à la vérité. Et s'il y a bien quelqu'un qui peut lever le voile sur les secrets, c'est la grand-mère. « Tu sais, ma mère, elle n'a pas connu son père. » Ou « ce tonton trouvait la vie vraiment trop difficile, il a préféré partir ». Les petits ont besoin de toutes les informations sur leurs lignées afin d'être mieux outillés pour devenir adultes. Evidemment, on ne va pas leur raconter des horreurs à 3 ans. Mais sincèrement, les enfants sentent beaucoup de choses et il faut mettre des mots sur ce qui les a précédés, très tôt.

Les parents ne sont-ils pas les mieux placés ?
Le rôle des grands-parents, c'est d'être au sommet de la pyramide familiale. Les grands-mères comme moi qui ont vécu tant de mutations majeures pour les femmes, qui voyagent, s'amusent, peuvent transmettre ce qui les émerveille. Mais aussi dire des choses qu'elles ne pouvaient pas dire à leurs enfants. Et puis les petits ont aussi besoin d'entendre que quelqu'un pense différemment de papa-maman, à condition que ce soit bienveillant. C'est cette strate supplémentaire qui va les enrichir, les préparer à devenir adultes un jour. Vous ne pensez pas comme votre fille ou votre belle-fille ? Et alors ! Il faut être clémente et sincère mais le dire. « Moi tu sais, je suis un peu plus vieille, je ne vois pas les choses comme ça. »

Vous qui êtes l'auteur du best-seller « Femme désirée femme désirante », vous dites qu'une grand-mère peut parler de sexualité à sa petite fille ?
Et pourquoi pas ? Rien n'interdit de parler de sexualité avec ses petits-enfants. Il n'y a pas de bonne méthode, chacune fait selon son cœur. Moi, je considère que je dois parler à ma petite-fille des combats qui ont été ceux de ma génération, et qui ne sont pas gagnés d'ailleurs. Du difficile alignement de l'amour et du désir dans une vie. Quand elle sera plus grande, je lui dirai : « Ose ton désir ma chérie ! »

Les passeuses ne sont pas éternelles, elles parlent de leur mort ?
Bien sûr. C'est parce qu'on lui parle de la mort que l'enfant intègre le temps et la succession des générations. On amène les enfants aux enterrements de nos jours et c'est très bien. Mais il faut aussi les préparer à notre mort ! Ils posent assez vite la question : « Mamie tu es vieille, tu vas mourir ? » Il faut leur répondre. « Pour l'instant, je suis en forme mais arrivera un moment où j'aurai fait mon temps, je vais mourir. » Et puis lorsque les petits n'ont pas connu leur grand-mère, parlez-leur d'elle ! C'est essentiel. Quant à leur trouver une autre passeuse... On me reprochera de ne pas parler d'eux, mais les grands-pères font ça très bien aussi !

 

 

 



15/06/2015
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