Le pinceau-livre

Le pinceau-livre

Comme un air de révolte....

Un petit village perché sur une colline près de Lyon, une population en moyenne assez aisée, avec quand même, comme partout, des familles en difficulté, des exclus...

 

            Plus les ressources d'une famille sont faibles, plus sa dépense alimentaire est une fraction
              élevée de son revenu.
                                                              Ernst Engel
 

Une épicerie solidaire qui fonctionne selon les principes de l'ANDES :

 

L’Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires (A.N.D.E.S.) est l’un des principaux réseaux d’ français. Elle soutient le développement des , structures qui proposent en libre-service des produits de consommation courante à des personnes en situation de précarité, contre une participation financière de 10 à 30% du prix usuel.
Le principe des épiceries solidaires est de lutter contre l’exclusion sans favoriser l’assistanat, de respecter la liberté des personnes et de promouvoir leur insertion durable.

 

Je suis bénévole dans cette épicerie de mon village, ouverte il y a quelques mois, une toute petite structure qui accueille vingt familles au maximum, mais une équipe joyeuse qui a décidé de mettre de la vie dans cet accueil , du rire et du partage, tout en ne négligeant pas l'aide et surtout l'écoute!

 

Ces familles sont envoyées par les services sociaux, nous leur proposons notre aide pendant trois mois, renouvelables une fois. En échange, ces personnes s'engagent sur un projet de règlement de leurs dettes ou dans une perspective d'un projet familial. Pour cela nous leur indiquons chaque fois  l’économie réalisée chaque semaine par rapport au coût habituel de leurs achats.

 

Nous avons une salle d'accueil où nous proposons un café, des douceurs, un temps de partage , de pause, avec nous.

Au fil des discussions , je suis frappée par les situations kafkaïennes de quelques familles aux prises avec une administration inhumaine, lente et aveugle!

 

J'admire aussi la dignité de ces gens qui ne passent pas leur temps à se plaindre, qui essayent de sortir la tête hors de l'eau mais qui sont hébétés par l’absurdité de certaines décisions administratives ou par le choc d'une situation familiale qui a fait voler leur univers et leurs certitudes en éclats....

Ils n'ont pas de page facebook où hurler leur haine, n'ont souvent même plus le courage de sortir ou de cuisiner, sans doute n'iraient-ils même pas brandir des pancartes dans la rue, tant l'exclusion gomme l'homme....

 

Alors, à notre tout petit niveau, nous sommes juste un passage à gué, histoire d'essayer de rejoindre la rive de ceux qui arrivent malgré tout à finir le mois....

 

Des visages de Madone, des mères debout, des hommes aussi, des sourires bien sûr, mais des yeux las, tellement las, des cernes, des façons de se redresser qui disent le poids porté chaque jour, les nuits passées à compter et recompter...

 

Et je ne m'habitue pas à voir parader nos hommes politiques, à les écouter parler de fracture sociale quand ils ne savent même pas marcher dans la rue ou prendre le métro!

Je ne m'habitue pas au gâchis, au gaspillage, à l'inutile, aux paillettes, au paraître....

J'ai le sentiment que le terme de démocratie ne veut plus dire grand chose dans notre société où même les patrons ne dirigent plus leurs entreprises comme avant puisque les actionnaires sont décisionnaires, avides, et exigeants.

 

Mais quoi faire, quand même un bulletin de vote ne semble plus pouvoir infléchir le destin d'un pays? Quoi faire? Une révolte, mais avec qui?

 

 



23/10/2015
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